Situation des indicateurs

Situation semestrielle des indicateurs (premier semestre 2014)

 

1) SITUATION DE L’EPIDEMIE DU VIH ET DU SIDA A MADAGASCAR

Les informations disponibles confirment le type concentré de l’épidémie du VIH à Madagascar. La prévalence du VIH est faible dans la population générale mais élevée dans certains groupes de population. 

photo prevalence1Prévalence et taux d’incidence du VIH dans la population générale
Selon l’ONUSIDA (suivant logiciel Spectrum), la prévalence du VIH à Madagascar est estimée à la fin de 2011 à

0,4% chez les adultes (15-49 ans) et de

0,16% chez les jeunes (15-24 ans)

 

Prévalence du VIH chez les femmes enceintes
Les données données de l’enquête de surveillance biologique du VIH chez les femmes enceintes âgées de 15 ans ou plus en 2010 ont montré que la prévalence du VIH dans ce groupe de population est relativement plus faible que la moyenne nationale. Elle est de 0,09% [0 ; 0,2].

Prévalence du VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes
Selon les résultats de l’enquête comportementale et biologique chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) 2010, ce groupe enregistre la prévalence du VIH la plus élevée, estimée à 14,7% [12,5 ; 16,9].

photo hh1     photo hh2 

 

La figure ci-après montre que la prévalence du VIH chez les HSH augmente de manière régulière avec l’âge et atteint son maximum dans la tranche d’âge de 35 ans ou plus.

graphe prevalence vih

Prévalence du VIH chez les Consommateurs de Drogues Injectables (CDI)
Selon les résultats de l’enquête comportementale et biologique chez les CDI 2012, la prévalence du VIH dans ce groupe est estimée à 7,1% [5,9 ; 25,9]. La prévalence du VIH chez les CDI de sexe masculin était de 8,1% [2,4 ; 15,7] versus 4,2% [0,7 ; 15,9] pour le sexe féminin, mais la différence observée ne s’avère pas statistiquement significative).

graphe prevalence vih cdi

photo prof sexePrévalence du VIH chez les Professionnelles du sexe
Selon les données de l’enquête de surveillance biologique chez les professionnelles du sexe 2010, la prévalence du VIH dans ce groupe est estimée à 0,29% [0,1 ; 0,6] sans variation ni en fonction du lieu de résidence ni en fonction de l’âge.

 

 

Prévalence du VIH chez les donneurs de sang

Les informations disponibles ne permettent pas d’évaluer la prévalence du VIH chez les donneurs de sang. Néanmoins, les données du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) ont montré que la proportion des poches de sang contaminées au VIH (test de screening) a varié entre 0,4% et 1% de 2007 à 2011.

graphe variation vih 2007 2011

Prévalence du VIH chez les patients porteurs d’une IST
Selon les résultats de l’enquête de surveillance biologique 2010, la prévalence du VIH chez personnes porteurs d’une IST est de 0,32% [0,16 ; 0,52].

Prévalence du VIH chez les patients tuberculeux
Selon les données du « Global Tuberculosis Control 2010 » de l’OMS, la prévalence du VIH chez les patients tuberculeux à Madagascar est de 0,9%.

tableau recap prevalence

 2) BILAN DE LA REPONSE NATIONALE AU VIH ET AU SIDA 2007-2012

Prévention de la transmission sexuelle

Communication pour le Changement de Comportements (CCC) auprès des sous-populations les exposées au VIH
L’éducation par les pairs a été l’approche de CCC utilisée auprès des PS, HSH et CDI, avec pour finalité une incitation au dépistage et une orientation aux formations sanitaires pour la prise en charge désinfections sexuellement transmissibles.

 

- Concernant les travailleurs du secteur privé, l’approche d’intervention a consisté à appuyer les entreprises à mettre en place des politiques et programmes de lutte contre le Sida sur le lieu du travail incluant l’éducation par les pairs, la promotion du dépistage volontaire, l’accès à tous les soins disponibles pour les travailleurs vivant avec le VIH. En fin 2011, un total de 77 entreprises privées avaient mis en place des politiques et programmes de lutte contre le sida avec des niveaux de mise en œuvre variables. Les entreprises engagées dans la lutte contre le sida sont regroupées dans une coalition dénommée CECM (Coalition des Entreprises Citoyennes de Madagascar).
- Concernant les travailleurs du secteur du public, 7 ministères ont organisé des activités d’IEC sur le lieu du travail (Agriculture, Population, Education, Jeunesse et loisirs, Travail/Fonction publique, Sécurité intérieure, Tourisme et Travaux publics).
- Le fonctionnement de la ligne verte d’information sur le VIH et le sida, SR et drogues, mis en place en 2005, a été amélioré avec un renforcement des actions de promotion. Ce qui a entrainé une amélioration du niveau d’utilisation de la ligne par les populations. L’évolution du nombre d’appels traités concernant le VIH est passé de 1 080 en 2009 à 23 856 en 2011.

 

Distribution des préservatifs

Madagascar a mis en place une stratégie de distribution des préservatifs masculins et féminins combinant le marketing social (vente à des prix subventionnés) et distribution gratuite (distribution promotionnelle) dans les formations sanitaires et auprès des populations vulnérables de faible niveau socio-économique.

 

Prévention de la transmission sanguine
Le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) a pour mission d’assurer la disponibilité de produits sanguins sécurisés aux 4 principales maladies transmissibles par voie sanguine (VIH, Syphilis, Hépatites virales B et C). De 2009 à 2011, le CNTS a distribué une moyenne de 23 408 poches de sang par an, soit 64 par jour. Les besoins nationaux annuels en poches de sang sont estimés à 24 000, soit 70 par jour.

 

 

Counseling et dépistage volontaire

Le nombre de formations sanitaires intégrant le service de counseling et dépistage est passé de 365 à 2006 à 1613 à partir de 2012, soit 49,5% du total des 3 260 formations sanitaires du pays.

Le nombre de personnes reçues en counseling pré-test a été plus faible en 2009 et 2010 que les autres années en raison d’une part des ruptures fréquentes des réactifs et consommables de laboratoire, d’autre part à la crise politique que le pays a connue. Le taux d’acceptation du test par les personnes reçues a varié entre 77,3% et 91%. Par contre celui de personnes ayant retiré les résultats parmi ceux ayant effectué le test de 91% à 97,4%.

 

 

 

Prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant
En moyenne, seulement 60,2% de femmes enceintes ont été reçues au niveau des sites PTME. Seules 59,8% des femmes reçues dans les sites PTME ont accepté le dépistage, en moyenne. Ce qui peut être la conséquence d’une mauvaise qualité du counseling et/ou d’une faible implication des hommes dans la démarche.
La proportion des femmes séropositives parmi celles ayant fait le dépistage de 2007 à 2011 a été de 0,03%. en moyenne. Environ 65% des femmes enceintes dépistées séropositives au VIH ont reçu des ARV pour réduire la transmission du VIH de la mère à l’enfant de 2007 à 2011.

 

Le dépistage et la prise en charge de la syphilis chez la femme enceinte ont été intégrés dans le paquet de services PTME, en vue de l’’élimination de la syphilis congénitale. Ainsi en 2011, 73% des 18 676 femmes enceintes détectées séropositives à la syphilis  ont reçu au moins 1 dose de traitement de la syphilis.

Prise en charge des Infections Sexuellement Transmissibles (IST)
Le nombre moyen de cas d’IST traités par an de 2007 à 2011 a été de 202 516. Deux principaux syndromes sont pris en charge dans le cadre de l’approche syndromique, notamment l’écoulement génital et l’ulcération génitale.

  

 

Le nombre de patients IST atteints d’écoulements génitaux ou d’ulcérations génitales diagnostiquées et traités selon l’approche syndromique a connu une légère baisse entre 2009 au 2010. Pourtant, l’amélioration de la qualité de la prise en charge des IST classiques ont été engagées depuis 2010. Le protocole de prise en charge des écoulements génitaux a été revu.

Prise en charge globale des PVVIH
Le nombre de sites de prise en charge des PVVIH (centres de référence PVVIH) est passé de 8 en 2006 à 47 à partir de 2009 dont 32 disposent d’un compteur de CD4. Le nombre de PVVIH suivies est passé de 30 en 2004 à 821 en 2011 dont 383 sous TARV.

  

 

Si en 2007, environ 60% des patients suivis médicalement étaient sous traitement antirétroviral, au fil des années cette proportion a diminué à moins de 50% en dépit de l’application depuis 2010 des recommandations de l’OMS et des directives nationales selon lesquelles les patients sont éligibles au traitement antirétroviral à partir d’un taux de 350 CD4/mm3 au lieu de 300. Cette situation pourrait s’expliquer par le fort taux de perdus de vue, lui-même lié au faible taux d’adhésion des PVVIH au traitement antirétroviral pour diverses raisons psychologiques et socio-économiques, ou du fait de problèmes d’accès géographique et/ou financier aux centres de référence rendant irrégulier le suivi médical. Par conséquent, l’amélioration de la couverture et de l’accès à une prise en charge globale, médicale et psycho-sociale, de qualité est primordiale.

Les 47 centres de référence travaillent en collaboration avec les associations de soutien aux PVVIH pour la composante psychosociale de la prise en charge.
Selon les données disponibles, le nombre de PVVIH ayant bénéficié d’une prise en charge psychosociale a nettement augmenté pour passer de 241 (soit 61% des PVVIH suivis médicalement) en 2008 à 521 (soit 63% des PVVIH suivies médicalement) en 2011.