Situation épidémiologique

Estimation de la prévalence du VIH à Madagascar

La situation de l’épidémie au VIH à Madagascar se caractérise par un faible niveau de prévalence au sein de la population générale. A cet effet, le pays est confronté à de difficultés pour obtenir une mesure précise de cette prévalence et faire le suivi de l’infection, la mesure de cet indicateur à travers les données issues d’une enquête représentative au sein de la population générale s’avérant très onéreuse.

Cependant, Madagascar dispose de données provenant de diverses sources telles que les Enquêtes de Surveillance Biologique (ESB), les Enquêtes de Surveillance Comportementale (ESC) (au niveau des sites sentinelles et de groupes spécifiques), les Enquêtes de séroprévalence chez les femmes enceintes et les Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS), pouvant servir pour fournir une estimation de la prévalence du VIH au niveau de la population générale. Aussi, à l’instar des autres pays, avec l’appui technique de l’ONUSIDA et l’OMS, le pays réalise-t-il régulièrement (chaque année) une mise à jour de l’estimation du VIH, en recourant à une méthode statistique utilisant des modèles de projection et en tenant compte des nouvelles informations disponibles.

Un groupe de référence au niveau du siège de l’ONUSIDA travaille régulièrement pour améliorer les méthodes et les modèles utilisés à cet effet, en mettant à jour les résultats de recherche et les hypothèses, permettant aux différents pays d’obtenir à chaque fois une meilleure estimation de la prévalence du VIH. Alors qu’en 1998, les estimations de la prévalence du VIH se sont basées sur une méthode utilisant « Epimodel », les dernières estimations ont été effectuées sur une version améliorée du logiciel EPP (Estimations et Projections Pays). Il convient ainsi d’émettre une réserve sur la comparabilité des résultats d’une année à l’autre de l’estimation de la prévalence du VIH au sein d’un même pays, l’évolution de la prévalence estimée observée ne reflète pas systématiquement l’évolution de l’épidémie mais pourrait s’expliquer également par les améliorations des modèles dues aux précisions sur les données disponibles. Par contre, étant donné l’uniformité des méthodes utilisées dans tous les pays pour calculer les estimations de leurs prévalences respectives, les résultats permettent d’apprécier l’évolution de la situation de l’épidémie de Madagascar par rapport aux autres pays.

La dernière estimation de la prévalence du VIH à Madagascar en 2009 officiellement publiée par l’ONUSIDA s’élève à 0,2% [0,2% -0,3%] pour la population adulte (âgée de 15 à 49 ans) (ONUSIDA, 2010), classant de nouveau le pays au deuxième rang des pays de l’Afrique Subsaharienne ayant les prévalences les plus faibles. Le nombre total de PVVIH pour l’ensemble du pays est estimé à environ 24000, un nombre qui se situe largement supérieure au nombre de PVVIH déjà identifiées, nécessitant ainsi des stratégies plus appropriées pour chercher les PVVIH répartis à travers tout le pays. Une nouvelle estimation a été effectués en 2011 et les résultats ont été déjà discutés et validés au niveau du pays, mais la publication de l’ONUSIDA pour l’utilisation officielle de ces résultats est en attente.

Tableau : Résultats des estimations sur le VIH/Sida à Madagascar – Année 2009

Indicateurs Groupe de population 2007 2009
Prévalence VIH   Adultes (15-49 ans) 0,1 [<0,1-0,2] 0,1 [<0,1-0,2]
Jeunes Femmes (15-24 ans) 0,1 [<0,1-0,2] 0,1 [<0,1-0,1]
Jeunes Hommes (15-24 ans) 0,2 [0,1-0,3] 0,1 [0,1-0,4]
Nombre personnes PVVIH   Adultes et enfants 14000 [9100-23000] 24000 [19000-30000]
Adultes (15+) 8000 [5700-13000] 23000 [18000-28000]
Femmes (15+) 3400 [2200-5800] 7300 [5800-9000]
Nombre de décès annuels du SIDA Décès adultes et enfants <1000 1700 [1400-2000]
Nombre d’orphelins du Sida Orphelins (0-17) vivants 3400 [2100-6000] 11000 [9300-14000]