25 Octobre 2012 - Restitution de la mission d’appui de Solthis à la Prise en charge des Personnes vivant avec le VIH à Madagascar.

Résumé des constats

Titre : Une prévalence préoccupante des résistances transmises aux ARV chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à Madagascar

Investigateurs : S Andriantsimietry (1), F Lamontagne (2), M Randria (3), ML Chaix (4), L Pizarro (2), RL Razanakolona (1), C Rouzioux (4)

Institutions partenaires : Laboratoire National de Référence VIH/IST, Antananarivo, Madagascar, ONG SOLTHIS, Paris, France, Centre Hospitalo-Universitaire Befelatanana, Antananarivo, Madagascar, APHP, Hôpital Necker, Paris, France.

Contexte : L’épidémie VIH de Madagascar est caractérisée par une faible prévalence globale (0,2%) et une concentration dans certains sites et certaines populations, au premier rang chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).
Les caractéristiques virologiques de l’épidémie dans cette population n’avaient jamais été étudiées.

Méthodes : 160 prélèvements sanguins ont été collectés entre 2008 et 2010 chez les patients infectés par le VIH consultants dans les 5 principaux sites de prise en charge du pays. Les mutations de résistance aux antirétroviraux et le génotype viral ont été déterminés par séquençage pour les 118 virus amplifiables. Les caractéristiques socio-comportementales des patients étaient collectées au moment du prélèvement.

Résultats : 25/118 (21%) sujets étaient identifiés avec certitude comme HSH.
Deux sous-types viraux étaient majoritaires : B pour 13/25 sujets (52%), C pour 9/25 (36%).
La fréquence des résistances majeures aux ARV étaient très élevée, affectant 12/25 (48%) HSH, dont 7/13 (54%) parmi les naïfs de traitement et 11/13 (85%) parmi les sujets du sous-type B. Le profil de ces mutations était très monomorphe : 11/12 (92%) du type 215D seule ou associée à 210W. L’analyse phylogénétique a montré leur origine commune. Ce profil de résistance a été trouvé dans plusieurs régions et également(50% des cas) chez des non-HSH.

Conclusion : Cette étude révèle un taux exceptionnellement élevé de résistance primaire aux ARV (en l’occurrence l’AZT et le d4T) chez les HSH étudiés, lié à la transmission d’un cluster de virus résistants. Malgré des effectifs réduits, ces résultats méritent considération en raison d’une certaine représentativité de l’échantillon et de la place prépondérante des HSH dans l’épidémie VIH malgache. Ils nécessitent une confirmation sur une population plus large, qui est en cours. Ils impliquent néanmoins déjà une surveillance virologique étroite, et étant donné que la résistance primaire affecte la première ligne de traitement recommandée ils soulèvent la question de l’adaptation des protocoles thérapeutiques nationaux.